Depuis plusieurs années, la dissection anatomique fait l’objet de débats récurrents dans le monde universitaire. Progrès des outils numériques, modèles 3D, réalité virtuelle, considérations éthiques ou émotionnelles : autant de sujets qui interrogent la pertinence de cette pratique historique. Pourtant, en 2026, un constat demeure largement partagé par les enseignants et les professionnels de santé : la dissection reste indispensable pour garantir un enseignement de qualité, en particulier dans les filières médicales et paramédicales.

Une tradition pédagogique fondée sur l’expérience directe
La dissection n’est pas un simple héritage du passé. Elle constitue une méthode pédagogique unique permettant aux étudiants d’appréhender le corps humain dans toute sa complexité. Contrairement aux supports théoriques ou numériques, elle offre :
- une vision tridimensionnelle réelle des structures anatomiques,
- la compréhension des variations interindividuelles, essentielles à la pratique clinique,
- un apprentissage progressif des rapports entre les organes, difficilement reproductible par des modèles standardisés.
Cette confrontation directe avec l’anatomie humaine favorise une mémorisation durable et une compréhension profonde, particulièrement précieuses pour les futurs médecins, chirurgiens, kinésithérapeutes ou sages-femmes.
Des débats légitimes, mais souvent mal compris
Les critiques adressées à la dissection s’articulent autour de plusieurs axes : respect du corps humain, impact émotionnel sur les étudiants, ou encore existence d’alternatives technologiques performantes. Ces interrogations sont légitimes et ont conduit les universités à faire évoluer leurs pratiques.
Aujourd’hui, les dissections s’inscrivent dans un cadre strict :
- recours exclusif au don du corps, fondé sur un consentement éclairé,
- cérémonies d’hommage et temps de réflexion éthique,
- accompagnement pédagogique et psychologique des étudiants.
Loin de banaliser le corps humain, la dissection contribue au contraire à développer respect, humilité et sens des responsabilités, valeurs fondamentales des professions de santé.
Outils numériques et dissection : une complémentarité, pas une opposition
Les innovations pédagogiques ont profondément enrichi l’enseignement de l’anatomie. Modèles 3D interactifs, imagerie médicale, réalité virtuelle ou augmentée offrent des supports remarquables pour préparer, compléter ou réviser les connaissances.
Cependant, ces outils restent des compléments. Ils ne remplacent pas l’expérience sensorielle et spatiale apportée par la dissection : la texture des tissus, la fragilité de certaines structures, la variabilité anatomique réelle. Supprimer la dissection reviendrait à appauvrir la formation, en la limitant à une vision idéalisée et standardisée du corps humain.
Un enjeu majeur pour la qualité des soins de demain
La qualité de la formation initiale conditionne directement la qualité des soins. Une connaissance fine de l’anatomie est indispensable pour :
- interpréter correctement les examens cliniques et d’imagerie,
- réaliser des gestes techniques en toute sécurité,
- comprendre les mécanismes des pathologies et de leurs complications.
Dans ce contexte, la dissection demeure un socle pédagogique irremplaçable, garantissant que les futurs professionnels de santé disposent des bases solides nécessaires à une pratique sûre et efficace.
Conclusion
En 2026, malgré les débats et les évolutions technologiques, la dissection conserve une place centrale à l’université. Encadrée, respectueuse et intégrée à des méthodes pédagogiques modernes, elle reste un outil essentiel pour former des professionnels compétents, responsables et conscients de la complexité du corps humain. Renoncer à la dissection ne serait pas un progrès, mais un recul dans l’exigence de qualité de l’enseignement supérieur en santé.

